Professeur Mercier : tintin au pays des tartufes.

par Anthony Burckhardt

 

Depuis quelques jours la Belgique, habituée à réserver ses querelles aux questions linguistiques, est mise sens dessus dessous par un cours de philosophie dispensé aux étudiants ingénieurs de l'Université Catholique de Louvain. Débats télévisés, communiqués de presse, manifestations : le petit royaume est en effervescence. Stéphane Mercier, docteur en philosophie et chargé de cours à l'UCL, s'est vu suspendu de ses fonctions. Quelle est sa faute ? Avoir qualifié, au terme d'une démonstration logique, l'avortement de crime. Non pas d'ailleurs pour imposer cette opinion à ses étudiants mais pour susciter un débat, comme l'ont affirmé celles et ceux qui ont assisté à son cours.

Couvrez cette vérité que je ne saurais voir ! Sitôt le contenu de son cours diffusé sur la place publique, M. Mercier a subi les outrages de trois tribus de tartufes.

 

 La première est composée de tout ce que le pays compte de libres penseurs (sic) et de bouffeurs de curés : presse audio-visuelle et écrite, féministes décrépies et pontes de la laïcité. Parmi ces derniers, le doyen de la Faculté de Médecine de l’ULB, Marco Schetgen, qui a salué la « décision courageuse » de l’UCL ! Un grand courage en effet que celui qui consiste à suspendre un jeune professeur qui a contre lui une meute déchaînée... Tartufe de bronze.

 

La seconde tribu est celle des autorités académiques de l’UCL. D’après elles, quelle que soit l’issue de la procédure engagée contre M. Mercier, « le droit à l’avortement est inscrit dans le droit belge et la note dont l’UCL a connaissance est en contradiction avec les valeurs portées par l’université. Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs dans le cadre d’un enseignement est inacceptable. » Belle logorrhée, sauf que l’avortement n’est pas légal en Belgique mais partiellement dépénalisé et que l’UCL est en principe – sauf erreur sur le nom – une université catholique. Quant à la liberté académique et à la possibilité pour les étudiants de se faire eux-mêmes une opinion… Il y a longtemps que l’Université – catholique ou pas – a abandonné la disputatio pour lui substituer le recrachage sur copies que l’on appelle pudiquement « examen ». Tartuffe d’argent. 

 

Dernière tribu à sembler vouloir le scalp du Professeur Mercier, le clergé lui-même.  Grand chancelier de l’UCL, l’archevêque de Malines-Bruxelles, le Cardinal Joseph de Kesel s’est abstenu de toute déclaration en faveur de M. Mercier, préférant affirmer, avec ses confrères évêques « (faire) confiance à la procédure interne menée actuellement par l’UCL ».  Pire, son porte-parole officieux, le jésuite Tommy Scholtès a déclaré à la presse et à la télévision, être choqué par les propos de M. Mercier et réprouver l’utilisation du « mot » crime pour qualifier l’avortement, lui opposant la miséricorde du Pape François. Le Père Scholtés ignore-t-il que le Souverain pontife a lui-même qualifié l’avortement de crime lors de son retour du Mexique en février 2016, à la suite d’ailleurs du Catéchisme de l’Eglise catholique (2271) et du Concile Vatican II(GS 51, § 3), qui y ajoutent l’adjectif « abominable » ? Tartufe d’or.

 

Heureusement toute la Belgique n’est pas dupe de ces tartuferies. Certains ont même lancé une pétition de soutien au Professeur Mercier. On me dit qu’elle remporte un franc succès. Pour la signer c’est ici 

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Commentaires : 7
  • #1

    Berenice (mardi, 28 mars 2017 22:25)

    Tout est dit! Bravo!

  • #2

    Bossu (mercredi, 29 mars 2017 07:58)

    L'avortement, comme la guerre, consiste à tuer des frères.
    Ce n'est pas le soldat qui est accusé, ni les parents, c'est le fait de faire croire que de tuer un humain, quel que soit son état d'évolution ou de régression, est anodin.

  • #3

    Francis Willems (mercredi, 29 mars 2017 10:42)

    Cher Monsieur Burckhardt,

    Merci pour votre texte.
    Je me permet de vous proposer de compléter votre texte avec cette déclaration du Professeur Tania Van Hemelryck (Conseillère du recteur à la politique de genre) qui me paraît encore plus éclairante sur la position de l'UCL en matière d'avortement : "Ce sont des propos totalement inacceptables étant donné que l'UCL défend ce droit fondamental à l'avortement." .
    Déclaration faite sur la RTBF: TV https://www.rtbf.be/auvio/detail_debat-l-avortement-est-il-un-crime?id=2198013 à 1' 46".

    Par ailleurs, l'avortement n'est que partiellement dépénalisé en Belgique.

    Bien cordialement,

    Francis Willems

  • #4

    Bernadette (mercredi, 29 mars 2017 11:15)

    Je signe la pétition, mais je voudrais qu'une pétition soit lancée auprès du recteur de LLN pour défendre la "permission " de s'interroger et de réfléchir. Quelqu'un peut-il ouvrir ce genre de pétition ? Merci d'avance

  • #5

    claude (jeudi, 30 mars 2017 08:24)

    Après les millions de juifs et de chrétiens martyrisés par les nationaux socialistes, les millions (estimés jusqu' à 300) de morts dans les goulags par les communistes, nous assistons aujourd' hui à des millions de morts d'enfants à naitre ou justes nés au titre de l'avortement, ceci est un crime d'assassinat contre l'humanité et honte au clergé catholique de soutenir ceci y compris par les non dit.. Il faut rappeler à ces messieurs que le Christ a dit qu'il aurait mieux valu qu'une meule soit accroché au cou des auteurs de scandales et qu'ils soient précipités dans la mer. Au jour du jugement, vous aurez devant vous toutes les victimes que vous n'avez pas défendus.
    Serait ce que l'avortement vous arrange quand on écoute ce que vous faites, notamment lors de la dernière émission de Cash Investigation d'Elise Lucet?

  • #6

    Jean Goyard (jeudi, 30 mars 2017 17:56)

    L'UCL prend cette position parce qu'elle sait que pas un seul évêque de la Conférence épiscopale de Belgique n'est prêt à se lever pour proclamer publiquement ET EN TANT QU’ÉVÊQUE ce que c'est que l'avortement. Cet évêque ferait l'objet d'un lynchage médiatique, mais il aurait fait son devoir en réalisant l'ordre de Notre Seigneur :"Allez sur les toits proclamer la Bonne Nouvelle". Je pense à un évêque comme Mgr Schneider par exemple qui a le courage de ses convictions. Les fidèles qui mettent leur espérance dans l'Eglise reprendraient du poil de la bête. Tôt ou tard un salutaire mouvement d'opinion serait lancé. SI tel n'est pas le cas, on le doit à une omission... criminelle : dans le cas présent n'est-ce pas le mot ? L'avortement a banalisé le meurtre, le chaos gangrène l'Occident, on est près de la fin... On se souvient du message donné par la Vierge Marie aux trois petits bergers de Fatima et où elle parle de châtiment... Une épée de Damoclès est suspendue au dessus de nous, quand l'heure sera venue, il n'y aura pas d'étonnement à avoir.

  • #7

    Viller (jeudi, 30 mars 2017 20:02)

    Un projet de fusion entre l'UCL et les Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles est fort avancé et suscite l'opposition opiniâtre des milieux laïques, le tout s'inscrivant dans des pressions politiques de tous ordres. D'où peut-être la volonté de l'UCL de ne pas froisser l'opinion. Quoi qu'il en soit, cela ne change rien à l'attitude lamentable et véritablement scandaleuse de celle-ci dans le cadre de cette affaire.