L'Alma mater « indigne » ?

Depuis hier (21/03/17), un jeune professeur de philosophie l'UCL, M. Stéphane Mercier, subit un lynchage médiatique, s'étant vu dénoncé par des élèves pour la distribution de notes dans lesquelles l'avortement était présenté comme un meurtre, moralement plus grave que le viol.

 

Les loups qui crient avec la meute ignorent bien évidemment la teneur et le contexte précis de ces écrits, probablement diffusés dans le cadre du cours de philosophie abordant la morale fondamentale. C'est bien sûr un « détail » dont personne ne s'encombre...

Que la clique anti-catholique et laïcarde se mobilise et se défoule sur M. Mercier n'étonne personne, celle-ci nous ayant depuis longtemps habitué aux coups-bas les plus vils. La fin justifie les moyens !

Mais le plus stupéfiant est venu de l'université elle-même, qui loin de prendre de la hauteur, de s'informer préalablement de la situation en entendant le principal intéressé, et de le soutenir – celui-ci n'ayant rien fait d'autre que de rappeler l'enseignement bimillénaire de l’Église ! -, va le vouer aux gémonies et le clouer au pilori, sans autre forme de procès.

 

La presse rapporte que dans un communiqué, l'UCL rappelle que le droit à l’avortement est «inscrit dans le droit belge» et que la «note» dont elle a connaissance est «en contradiction avec les valeurs portées par l’université». Aussi, «Le fait de véhiculer des positions contraires à ces valeurs dans le cadre d’un enseignement est inacceptable», insiste l’université. L’UCL précise que l’enseignant concerné a été «immédiatement convoqué» afin «de l’entendre et d’instruire le dossier», ce qui confirme bien que ledit enseignant a été jugé avant d'être entendu, nous ramenant deux siècles en arrière, à l'époque des simulacres de procès durant la Terreur.

 

Ce qui est en réalité heurtant, c'est que l'UCL, haut-lieu de l'intelligence, condamne et présume son enseignant coupable, sans l'avoir entendu.

 

Ce qui est inacceptable, c'est que l'UCL, cette Alma mater, terreau de la formation intellectuelle et chrétienne, qui a formé des générations d'étudiants depuis sa fondation en 1425, pour être « le levain dans la pâte », clame haut et fort que l'avortement est une des valeurs qu'elle porte !

 

Il y a quelques années, un débat fut ouvert à l'UCL sur le maintien ou non du C de « catholique », et l'université de finalement maintenir ce « C » auquel elle entendait continuer à s'identifier.

Et bien, aujourd'hui, ce « C » a été de façon indigne, purement et simplement renié !

 

Enfin, ce ne sont pas seulement les catholiques trahis par leur « Alma mater » qui doivent être choqués et révoltés aujourd'hui, mais aussi l'ensemble des défenseurs de la liberté d'expression, du sens du débat et de l'échange. Car aujourd'hui, l'UCL a rétabli la censure et la police de la pensée. Elle n'admet que son « dogme » et se conforme à l'idéologie du temps, au politiquement correct. Au vu de ce qui s'est passé, son avenir est condamné à s'assombrir. Être dans le vent, n'est-ce pas être soumis au destin des feuilles mortes ?

 

Sur le fond, l'on ne peut que se réjouir qu'un enseignant ait osé défendre ou reprendre une telle position, qui s'appuie sur les Saintes Écritures et la Tradition immuable de l’Église catholique.

 

Cette « valeur » que serait l'avortement, que la Belgique a dépénalisé (qui n'est donc pas un « droit » comme on le dit), ne résiste pas non plus à un terrible paradoxe.

 

Comment accepter qu'un embryon soit considéré, à un jour près (cfr le délai légal pour avorter), tantôt comme une chose, tantôt comme un être susceptible de protection et que l'on ne peut éliminer ?

 

Comment justifier qu'un enfant souffrant d'une malformation dans le sein de sa mère peut être éliminé tandis qu'un enfant sans handicap ne le peut, passé le délai de douze semaines ?

 

Le Code civil belge lui-même considère l'embryon comme un être humain puisque celui-ci pourra hériter de son père décédé avant sa naissance, s'il naît vivant et viable. N'est pas là contradictoire ?

 

Comment peut-on considérer comme un progrès de l'humanité le fait de subventionner des dépistages qui aboutissent à l'élimination de l'immense majorité des enfants affectés de trisomie, alors que parallèlement la recherche contre cette maladie ne bénéficie d'aucun financement public ?

 

Je clos le débat, car la censure veille, et comme ancien étudiant de l'UCL, je risque peut-être d'être rappelé à l'ordre !

 

J'espère vivement que certains, collègues d'université, intellectuels, voire évêques (puisqu'ils sont représentés au sein du pouvoir organisateur de l'UCL) dénonceront la pantalonnade de l'UCL.

 

Et la réponse la plus éclatante pour nous serait de venir nombreux ce dimanche à Bruxelles, le 26 mars à 15h00 au Mont des Arts, marcher pour LA VIE !

 

 

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Commentaires : 18
  • #1

    YVes d'Oultremont (jeudi, 23 mars 2017 10:18)

    Votre message correspond parfaitement à ma réaction immédiate. Voilà trop longtemps que notre brillante civilisation européenne, inspirée et guidée dans son évolution par des valeurs humaines issues principalement des paroles du Christ, s'est mise à négliger ces principes de base que sont le respect de la vie sous toutes ses formes et l'aspiration à une spiritualité sereine et transcendante. Humains, animaux, végétaux ou minéraux n'ont plus aucune valeur sinon marchande ou consumériste: on les sacrifie et on les détruit pour le profit éphémère et pour le plaisir égoïste. Malgré le lent revirement de certains groupes de pressions, le politiquement correct reste soumis à des "lois économiques" qui n'économisent plus rien du tout. Merci à vous pour ce rappel au sujet de la banalisation des suppressions de vies humaines, sous prétexte de confort individuel, négligeant ainsi notre responsabilité envers ces êtres faibles. Quand allons-nous enfin adopter la loi humaniste de l'aide à autrui et de l'amour du prochain au lieu de la loi de la jungle?

  • #2

    Savonette (jeudi, 23 mars 2017 11:00)

    Entièrement d"accord, évidemment.
    La Marche pour la Vie, certes, mais encore ...
    Ce qui m'interpelle, depuis un certain temps, davantage avec ce qui vient de se passer à l'UCL, c'est la peur "au ventre" que les chrétiens ont : ne pas oser dire le fond de leur pensée ou de leurs valeurs par peur d'être mal vus, par peur du lynchage, du rejet etc. etc. Et cela même dans les sphères privées et chrétiennes où leur réputation se repose sur un langage diplomatique complètement édulcoré.
    Il existe des sites tels que Aleiteia, le Salon Beige, groupe de réflexion bio-ethique par Carine Brochier etc. qui tâchent, comme ils le peuvent, de nager à contre-courant de la pensée unique désormais écrasante en Belgique et chez nos voisins.
    J'en arrive à mon message : aujourd'hui, alors que dans notre société le refus au débat est net, que les valeurs chrétiennes fondamentales sont bafouées et défendues en tremblotant par nos prêtres et nos représentants de l'Eglise, je pose la question suivante : ne serait-il pas temps de mettre en place quelque chose de plus percutant que la Marche pour la vie et les sites d'information ? Quelque chose d'organisé, que le public non-averti puisse entendre, dont les média tiendront compte ?
    Je ne songe pas à un parti politique, ce serait une erreur pour énormément de raisons que je ne développerai pas ici, mais davantage à un groupe de pression , organisé, structuré dont les objectifs de réflexion seraient liés à tous les sujets de société avec en plus, une action concrète mise en place. Une action qui marque les esprits. Peut-être du style marketing ou publicitaire, ou d'autres, originales, parfois humoristiques, qui retiendront l'attention.
    Ce qui existe actuellement est insuffisant et pas assez percutant. Je dirais trop mou, trop timide ... Il est temps de bouger.
    je serai intéressée par votre et vos avis ...

  • #3

    Michel De Keukelaere (jeudi, 23 mars 2017 13:43)

    Je suis d'accord avec vous Savonette: "Ce qui existe actuellement est insuffisant et pas assez percutant. Je dirais trop mou, trop timide ... Il est temps de bouger."

    Une bonne chose - pour commencer - serait que tous les belges - du nord au sud - participent à la 8ième édition de la marche pour la Vie ce dimanche (marchforlife.be).

    Par après - je pense également - qu'il faut organiser des choses ciblés, percutantes. A plus grande échelle que ce blog. De nombreux assocations belges - mentionnés dans votre commentaire - font sans doute leur possible, mais sans presque toute issue de la démocratie-chrétienne.

    Avec des chrétiens-démocrates il est impossible de faire des grands pas en avant (en général avec des chrétiens-démocrates peureux on recule).

    Il faudrait donc que (enfin) des belges ultra-montain se lèvent et qu'une association pércutante ultra-montaine voit le jour (groupe de pression).

  • #4

    Savonette (jeudi, 23 mars 2017 14:55)

    Bonjour Michel,

    Eh bien, d'accord, allons-y. Je vais me renseigner pour prendre contact avec vous.

  • #5

    Be (jeudi, 23 mars 2017)

    Bonjour, il me semble que la Fédération Pro Europa Christiana pourrait répondre à vos attentes!�

  • #6

    Juan Montes (jeudi, 23 mars 2017 21:54)

    Yo marcharé desde Santiago de Chile en el mismo sentido y unidos en el repudio al crimen del aborto.

  • #7

    Savonette (vendredi, 24 mars 2017 12:19)

    OK, merci Bé, je vais y jeter un œil, même deux.

  • #8

    Brusselaers (vendredi, 24 mars 2017 16:38)

    http://citizengo.org/nl/pr/44306-verdedig-academische-vrijheid-een-docent-moet-tegen-abortus-kunnen-zijn?tc=fb&tcid=34247585

  • #9

    Paul Oldenburg (vendredi, 24 mars 2017 21:46)

    et ici une deuxième petition.

  • #10

    Viller (vendredi, 24 mars 2017 21:56)

    Nous pouvons réagir chacun à notre niveau : écrire à l'UCL, à l'Archevêché, aux courriers des lecteurs des journaux, signer la pétition de la FPEC, la fiare circuler, rmais aussi s'associer par la prière P. Mercier dont on apprend qu'il vient d'être suspendu.

  • #11

    Claude (samedi, 25 mars 2017 16:08)

    Si les responsables de l'Université disent vrai, alors ils doivent impérativement, par souci de cohérence, abandonner le C de catholique et le remplacer par le L de laïque puisqu'ils semblent ne plus avoir le courage de se distinguer de l'ULB et du CAL. Cela porte un nom : la trahison. On savait depuis belle lurette que l'U"C"L avait sombré dans le relativisme, mais cette fois elle a franchi le Rubicond. Dommage, mais bien dans l'air du temps.

  • #12

    Viller (dimanche, 26 mars 2017 12:44)

    http://www.saintluc.be/recherche/documents-information-cehf/position-ucl-ivg-2015-08-20.pdf
    Entre la position récente et celle de février 1990, je présume toujours "en vigueur", il y a une grande différence. Mais le vers était déjà dans le fruit à cette époque...


  • #13

    Nicolas (dimanche, 26 mars 2017 21:02)

    Mais que se passe-t-il donc de si extraordinaire à la conception ? Un mélange de molécules entre deux cellules ? En quoi cela fait-il un être humain ? Si nous nous respectons mutuellement et que nous avons de l'empathie l'un pour l'autre (et, également, pour d'autres espèces), c'est bien parce que nous considérons que nous sommes doués de sensibilité. Pour cela, il faut à tout le moins un système nerveux. Beaucoup de gens sont tristes à l'idée de perdre un proche ou même un animal de compagnie. Peu regrettent la mort de bactéries quand ils ingurgitent des antibiotiques, tout simplement parce que celles-ci, n'ayant pas de système nerveux, ne souffrent pas. La période durant laquelle peut être pratiquée une IVG correspond au stade embryonnaire, c'est-à-dire la période durant laquelle se forment et se différencient tous les organes, y compris le système nerveux. Cela n'a donc absolument rien à voir avec une limite de viabilité (qui est d'environ 24 semaines) comme prétendu dans le texte incriminé. On peut, il est vrai, considérer que cette période de 12 semaines a été fixée de manière arbitraire. Mais considérer qu'un être humain apparaît au moment de la fusion des gamètes l'est tout autant. Respecter les êtres vivants sensibles est un principe qu'une grande partie de la population défend. Cette condition implique la présence d'un système nerveux différencié. Faute de mieux, il paraît donc raisonnable de suggérer que tant que le système nerveux n'est pas formé, l'être sensible n'existe pas. D'ailleurs, pour considérer qu'une personne est décédée, il ne faut pas forcément que son cœur s'arrête ou qu'il cesse de respirer. Une personne est déclarée morte dès lors que son cerveau ne fonctionne plus. Il s'agit là d'un argument supplémentaire pour considérer que la présence d'un système nerveux est la condition de la "vie sensible".

  • #14

    Hélène (lundi, 27 mars 2017 16:16)

    Comment dire ma stupéfaction de ce qui s'est produit ce lundi matin.
    Revenant samedi d'une magnifique conférence du Cardinal Sarah à l'église St-Augustin de Paris, sur la valeur de la vie et le professeur Lejeune, j'étais gonflée à bloc pour ma promenade dominicale avec tous mes amis de la Marche pour la Vie, et persuadée de trouver, au moins sur ce sujet, un consensus avec l'épiscopat belge.
    C'était sans compter sur le manque de foi en la vérité de Dieu.
    Ils n'ont rien dit quand le mariage a été bafoué, ils n'ont rien dit contre l'euthanasie, j'aurais du me douter qu'aujourd'hui, ces "prélats" piétineraient les paroles sacrés "ce que vous aurez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'aurez fait".
    Et qui est le plus petit, le plus fragile si ce n'est l'enfant qui vient d'être conçu ?
    La position du porte-parole de l'épiscopat me fait penser "au massacre des innocents" du temps d'Hérode.
    Notre génocide d'enfants (dans le monde, 3 enfants toutes les 2 secondes ne verront jamais le jour par la seule volonté des hommes) est un massacre des innocents et oser dire que les mots sont trops durs ou trop forts, c'est cela qui est criminel.
    On peut et on doit accompagner la femme qui a avorté, mais lui dire que ce qu'elle a fait n'est finalement pas si grave est une atteinte inacceptable à la vérité et à la vie... Et que ce message vienne de l'église belge elle-même... mon Dieu, qu'est-il donc advenu de la foi dans ce pays ?
    "Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" (Luc 18:8), je me suis souvent demandée pourquoi cette inquiétude, aujourd'hui, hélas, je ne me pose plus la question.
    Je suis heureuse que le bon Roi Baudouin n'est pas vécu assez longtemps pour voir cela, lui qui avait préféré abdiquer que de signer un document permettant l'avortement, lui qui avait conscience de la valeur de la vie.
    Qu'est-il advenu de la Belgique en 30 ans ? Il me semble qu'elle se suicide.
    Je me souviens avoir lu un jour " un pays qui tue ses aînés est un pays qui n'a plus de passé, et un pays qui tue ses enfants est un pays qui n'a plus d'avenir".... Nous y sommes.
    Je terminera en disant cette phrase de Baudelaire "La plus belle ruse du diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas".
    Regardez ce qui vient de se passer et vous verrez que oui, le diable est bien à l'oeuvre, ici et maintenant, et à en croire ce que je viens d'entendre ces dernières heures, quand elle a des amis comme ça, il est évident que l'Eglise n'a plus besoin d'ennemis.

  • #15

    Viller (lundi, 27 mars 2017 19:55)

    Le porte-parole de la conférence épiscopale s'est effectivement et "courageusement" désolidarisé du Pr Mercier, il a fait de même avec la marche pour la vie, disant dans un autre déclaration qu'il s'agissait d'une initiative privée et non officielle. Pas un mot de soutien, rien ...
    Effectivement, les pasteurs sont derrière les fidèles au lieu d'être en première ligne.

  • #16

    André SIMON (mercredi, 29 mars 2017 16:47)

    Au-delà de la polémique "pour ou contre l'avortement", il y a le détournement d'une position académique pour tenter d'imposer ses idées, et une argumentation qui n'a rien de philosophique ni de rigoureux.
    http://asimon.esy.es/.../03/29/philosophie-ou-dogmatisme/

  • #17

    Aline (jeudi, 30 mars 2017 12:11)

    L’UCL suspend les enseignements de S. Mercier et entame une procédure disciplinaire à son encontre
    Si vous lisez entièrement le communiqué vous pourrez voir que le professeur a été entendu.

    En début de semaine, l’UCL était interpellée au sujet d’une note utilisée dans le cadre d’un cours et rédigée par l’un de ses chargés de cours invités, Stéphane Mercier, sur le thème de l’avortement.

    Après avoir entendu Stéphane Mercier, les autorités de l’UCL ont décidé d’entamer une procédure disciplinaire à son encontre. L’instruction est toujours en cours.

    L’UCL a par ailleurs décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les deux cours dont Stéphane Mercier a la charge.

    L’UCL rappelle que, dans l’esprit de la loi dépénalisant l’avortement votée en 1990, elle respecte l’autonomie des femmes à poser ce choix, dans les circonstances précisées par le législateur.

  • #18

    Jean Hermesse (jeudi, 30 mars 2017 23:07)

    Cher Nicolas,
    Poussez donc un cran plus loin votre logique matérialiste, par exemple en estimant que la vie d'un être humain n'a de valeur que quand ce dernier a conscience de lui-même. C'est la thèse défendue par Peter Singer. Du coup, il sera bientôt possible "d'avorter" 6 mois après la naissance de l'enfant. C'est ce que défendent ces deux jeunes médecins américains: http://jme.bmj.com/content/early/2012/03/01/medethics-2011-100411 La culture de mort a de l'avenir!