In aeternum non commovebitur

A street in Paris in May 1871, by Maximilien Luce
A street in Paris in May 1871, by Maximilien Luce

« Ma personne n'est rien, mon principe est tout », affirmait le comte de Chambord, héritier de la dynastie capétienne. Ainsi incarnait-il vraiment la monarchie chrétienne gisante près du Roi martyr guillotiné.

 

 « Sachons reconnaître que l'abandon des principes est la vraie cause de nos désastres. Une nation chrétienne ne peut impunément déchirer les pages séculaires de son histoire, rompre la chaîne de ses instructions, inscrire en tête de sa Constitution la négation des droits de Dieu, bannir toute pensée religieuse de ses codes et de son enseignement public. Dans ces conditions, elle ne fera jamais qu'une halte dans le désordre, elle oscillera perpétuellement entre le césarisme et l'anarchie, ces deux formes également honteuses des décadences païennes » (comte de Chambord, déclaration du 8 mai 1871).

 

Près d'un siècle et demi plus tard, ces propos du comte de Chambord ont conservé toute leur acuité.

Face aux errements de nos sociétés, il est impératif de dresser le constat, d'en identifier les causes afin de les combattre.

 

Le renoncement à défendre coûte que coûte les valeurs non négociables rappelées par le Pape Benoît XVI à plusieurs reprises conduit immanquablement notre société à sa perte.

 

« Cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29) » (Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, 22 février 2007, par. 83).

 

Vouloir changer le monde et promouvoir le Bien commun sans diffuser ces principes, c'est comme don Quichotte, partir à l'assaut de moulins à vent… C'est permettre au Mal de se travestir sous l'apparence du Bien, pour mieux s'immiscer dans nos consciences. « L'enfer global est pavé de bonnes intentions locales » disait le philosophe Michel Serres.

 

Par conséquent, restons solides dans la Foi et intraitables dans nos principes, à l'exemple du Christ qui a été jusqu'à donner Sa vie par Amour.

 

Il n'est en effet pas possible de regarder son prochain avec l'œil amoureux de Jésus, sans avoir l'autre œil en permanence rivé vers le Créateur.

 

Aimer le monde et respecter la Création nous engage à résister aux déferlantes destructrices du Mal, à rejeter les compromissions, à surmonter nos lâchetés quotidiennes, notamment lorsque nous n'osons exprimer, en politique ou dans la sphère privée, nos valeurs éthiques et religieuses.

 

L'actualité en Belgique, avec la première euthanasie d'un mineur et l'organisation d'un colloque d'information sur la GPA à Bruxelles par une société commerciale la mettant en œuvre, nous donne l'occasion de réitérer avec vigueur les principes et valeurs non négociables.

 

Alors, faisons nôtre cette devise : « in aeternum non commovebitur ! » ; « Dans l'éternité je ne changerai pas ! »

***

Écrire commentaire

Commentaires : 0