Les petits hommes

« Je fais l’histoire. (…) Ce qui m’anime, m’habite presque, c’est ce que j’aurai laissé comme traces, qu’est-ce qu’un autre n’aurait pas pu faire et que j’ai entrepris. »

 

Arrêtons-nous sur ces récents propos du président François Hollande, révélateurs d’une prétention inouïe, d’un orgueil démesuré et d’un ego surdimensionné. Ils sont le triste aboutissement de l’effondrement moral de notre société occidentale.

 De la bouche d’un dirigeant politique ils ne sont que le reflet de la régénération de la société et de l’homme voulus par les chantres des Lumières, et mis en œuvre de façon implacable et au grand jour par les révolutionnaires français de 1789. Digne successeur de Robespierre, le président Hollande, et bien d’autres avant lui, est pénétré des idées rationalistes, individualistes, égalitaristes, matérialistes et laïcistes des Lumières. Philippe Pichot-Bravard a magistralement démontré ce grand dessein de la Révolution, consistant pour l’homme à se couper de Dieu et à prendre sa place. La période révolutionnaire, malgré son cortège de massacres, guerres et persécutions est d’ailleurs glorifiée par pratiquement toute la classe politique française et belge. Les manuels scolaires ont été infectés par cette lecture de l’histoire où les victimes apparaissent comme les bourreaux et vice-versa.

 

Belle filiation, en réalité, pour ce grand pays qu’est la France, qui revendique comme événement fondateur la matrice de tous les totalitarismes ultérieurs et la plus grande persécution religieuse de l’histoire.

 

« Liberté, égalité, fraternité … ou la mort ! » Lénine l’avait bien compris ! N’est-il pas profondément choquant que le « pays des droits de l’homme », qui donne la leçon au monde sur la question de la reconnaissance des génocides, nie le premier génocide proto-industriel, commis sur son propre sol en Vendée, par des personnages traités en héros !

 

Reynald Secher a bien mis en évidence la violence ontologique et fondatrice de la République française dont le président Hollande n’est que l’ultime surgeon. Faut-il rappeler que deux décrets de l’Assemblée nationale ont planifié le génocide vendéen, mis à exécution par les sbires du Comité du salut public (Robespierre, Saint-Just, Carnot etc), dont les ordres exterminatoires ont été retrouvés dans les archives militaires du Fort de Vincennes. La mémoire de 200.000 morts n’est pas suffisante pour effacer le nom de Turreau et ses colonnes infernales, de l’Arc de Triomphe !

 

La même terreur révolutionnaire, sous la forme larvée d’un terrorisme intellectuel, se met actuellement en place en France comme en Belgique. La régénération est au programme officiel des dirigeants comme l’a écrit récemment François Billot de Lochner. Il s’agit bien de terminer ce travail inachevé de 1789, par la déconstruction finale des fondements de nos pays. Après avoir anéanti la famille, nous voyons de multiples attaques contre l’école hors contrat en France, l’instauration d’un cours de citoyenneté « politiquement correct » en Belgique, et les pressions pour confier aux plannings familiaux les cours d’éducation affective et sexuelle dans les écoles.

 

Il faut de toute urgence s’élever contre ces politiques diaboliques qui ne peuvent conduire qu’à l’errance mortifère. François Hollande et ses affidés devraient méditer cette phrase : « le pouvoir écrase, l’autorité élève ». L’autorité n’est donné qu’à l’homme qui veut construire le Bien en se soumettant aux commandements de Dieu. «Si César réclame son image imprimée sur la monnaie », affirme Saint-Augustin, «Dieu n'exigera-t-il pas de l'homme l'image divine en lui sculpté? »

 

Toute autorité venant de Dieu, le dirigeant doit être son lieutenant sur terre, afin de contribuer à l’édification du Royaume. Cette conception sacramentelle millénaire du pouvoir constituait l’essence et la finalité de la monarchie chrétienne héritée de nos pères.

 

Car sans la Lumière, il n’y a que la ténèbre…

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Commentaires : 2
  • #1

    Michel Prousard (dimanche, 26 juin 2016 00:21)

    Avec vous à 100% pour ce beau titre, son apparition inattendue est un événement ! Vous dénoncez en réalité les deux moteurs du processus révolutionnaire à l'oeuvre contre la civilisation chrétienne : l'orgueil et la sensualité. Hollande, que vous citez, a assumé publiquement les deux. Mais le pire est la passivité, l'omission, voir la connivence des évêques français. Leur Commission Famille et Société a écrit plusieurs textes alambiqués sur le mariage pour tous dont la seule interprétation possible est un regard positif sur les actes d'homosexualité (qui pourtant "ne peuvent en aucun cas recevoir d'approbation" car ils sont "intrinsèquement désordonnés" [Catéchisme de Jean Paul II, n° 2357] ) ! A partir des ruines de la civilisation chrétienne tout sera restauré si nous y mettons du nôtre : Notre Seigneur Jésus-Christ a promis que "les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise" ; ensuite Il fait prier les chrétiens depuis deux mille ans pour que la volonté de Son Père soit faite sur la Terre comme au Ciel (dans le "Notre Père") ; comme Dieu est l'Intelligence, Il ne fait rien sans raison ; c'est donc qu'Il a en vue la venue de Son Règne sur Terre, qui n'est pas encore arrivé et pour lequel Il veut que nous nous soucions, prions et agissions. Les choses n'arrivent pas, comme les piétistes ou les quiétistes l'entendaient, en se croisant les bras. Dieu peut abandonner qui ne veut pas se sauver lui-même car, selon l'enseignement de Saint Augustin, "Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous". Dieu exige de l'observation, de la réflexion, de la méthode, de l'organisation, de l'action astucieuse. Agissons ensemble.

  • #2

    Dom Luiz de Orleans e Bragança (mardi, 12 juillet 2016 21:54)

    Félicitations