Un silence assourdissant...

A la suite des attentats sanglants à Bruxelles, le Premier ministre Charles Michel défendait le 21 avril dernier la position que «la loi des hommes prime sur la loi de Dieu, toujours ; la loi divine doit être contextualisée ». Ces propos n'ont suscité aucune réaction dans la communauté musulmane, qui était pourtant visée directement.

Silence également chez les catholiques, comme si cette position était absolument normale et unanimement admise. Or, pour un catholique, la loi de Dieu prime sur la loi des hommes, dès que cette dernière contredit les commandements de Dieu.

 

Rappelons-nous le formidable témoignage des martyrs premiers chrétiens dans la fosse aux lions du Colisée, lesquels avaient osé braver la loi, en tenant des réunions où l'on adorait un autre Dieu que l'Empereur. Songeons, dans le domaine éthique, à l'objection de conscience que d'aucun veulent supprimer, du personnel soigant face à l'avortement et l'euthanasie (qui est soit un suicide, soit un assassinat), qui n'existe déjà plus en Belgique pour les pharmaciens intervenant dans le cadre des gardes. Pensons également aux résistants et tous ceux ayant refusé d'appliquer des lois iniques et criminelles. Admettre que la primauté revient à la loi, revient alors à renier notre Foi, notre Amour pour le Christ.

 

Un autre exemple récent est à mettre en exergue. Interpellée en Commission du Parlement de la Communauté française, sur le fait qu'une école avait organisé le cours – obligatoire -, d'éducation sexuelle et affective en donnant la parole à une association catholique anti-avortement, la Ministre Schyns a certes rappelé que les pouvoirs organisateurs des écoles étaient libres de choisir leurs intervenants (pour combien de temps encore?), mais a immédiatement ajouté qu'elle allait envoyer une Circulaire aux écoles pour recommander que ces cours soient dispensés par le planning familial ou les centres de santé mentale, organismes largement subsidiés par l'Etat, lesquels enseigneront à nos préadolescents que l'avortement est licite et moralement permis, que toute forme de sexualité se vaut, et comment utiliser un préservatif. Là encore, nulle réaction face à cette promotion des associations qui rejettent la morale catholique.

 

Pour toutes ces questions de société, on aurait aimé une réaction forte et unanime de nos de nos responsables pastoraux, de chrétiens engagés.  Mais nous n'avons entendu qu'un silence assourdissant…

 

A force de ne plus réagir, de ne plus dénoncer systématiquement le mal, celui-ci s’insinue sournoisement dans les esprits, dans les âmes. Nous sommes submergés par les flux incessants des autoroutes du mal : le relativisme, l'égalitarisme, l'égoïsme, la vanité, le sensualisme et la concupiscence se répandent par les canaux médiatiques que nous avons mis généreusement à leur disposition. Plus personne ne s'en émeut, nous subissons, pire nous devenons amorphes, comme ayant la conscience anesthésiée. Or les chiffres sont implacables : la courbe des suicides, avortements, détresses, euthanasies, est exponentielle. Personne ne peut le contredire ! N'est-ce pas-là le signe le plus évident du triomphe du mal, qui se complaît à voir l'homme construire son propre malheur ?

 

Pourquoi les chrétiens désertent-ils les débats de société ? Est-ce là l’affaiblissement du caractère de l'homme occidental que dénonçait déjà en 1975 Alexandre Soljenitsyne lors de son discours à Harvard sur le déclin du courage ? N'est-il pas temps de dénoncer les scandales qui gangrènent notre monde ? La mission évangélique de notre Église universelle n'est-elle pas le salut des âmes ?  Le combat n'est jamais perdu d'avance ! Et quand bien même une seule âme serait sauvée, c'est grande liesse dans les cieux ! Dieu est le Père qui scrute le retour du fils prodigue ; c'est le berger qui abandonne son troupeau pour retrouver une seule brebis égarée ; voilà ce que nous dit l’Évangile.

 

Chrétiens, consacrés et laïcs, arrêtons-nous et méditions ce passage de l'Evangile décrivant le baptême du Christ. - « Si tu n'es pas le Messie, qui es-tu ? » - « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert . »

Saint Jean-Baptiste nous montre l'exemple : il prie, jeune et crie dans le désert, pour nous faire connaître le Sauveur, le rédempteur de l’humanité.

 

En ces lendemains de Pentecôte, ne doutons pas un seul instant que seule la Foi sauve, et que le feu de l'Esprit habite et fortifie celui qui accepte d'être missionnaire.

Écrire commentaire

Commentaires : 5
  • #1

    Pascal de Roubaix (jeudi, 23 juin 2016 11:31)

    Si vous ne l'avez pas reçue, voici une réflexion qui devrait vous convenir : http://www.lebeffroi.eu/allez-debout/
    Bien à vous
    Pascal de ROUBAIX

  • #2

    Sancenay (jeudi, 23 juin 2016 12:11)

    A notre ère de relativisme absolu , le concours est ouvert ! Cela rejoint en effet la recommandation d'un prêtre apparemment breveté "com", que j'ai surnommé le Père "Côme Devant" pour ne pas le nommer, et qui préconisait rien moins que d'interdire les drapeaux au Sacré-Coeur " trop "connotés" et qui dissuaderaient selon lui les non catholiques de se joindre au mouvement, dans les manifestations pro-Vie, lorsque celles-ci ne s'étaient pas encore "externalisées"" pour cause d'état d'état d'urgence !

  • #3

    Emmanuel d'Hoop de Synghem (jeudi, 23 juin 2016 12:32)

    Bien sûr, bien sûr... Mais plutôt qu'une vague allusion en parlant de "nos responsables pastoraux", je propose d'explicitement les nommer ceux qui devraient être les premiers à réagir, ceux qui devraient montrer l'exemple, ceux qui devraient appeler haut et fort leurs ouailles à la résistance: les évêques belges! Il leur suffira de s'inspirer de certains de leurs confrères français, mais surtout espagnols ou italiens: ce serait un (petit mais) bon début.

  • #4

    ELIAT (vendredi, 24 juin 2016 12:32)

    Bravo pour cette analyse ! Nous sommes décontenancés et même stupéfaits non seulement devant les silences de l'épiscopat., mais aussi face à ces diverses initiatives nuisibles au Bien Commun du " Peuple de Dieu " ( selon la terminologie exaltante de Vatican II ), fermeture brutale du séminaire de la Fraternité des Saints Apôtres ( 21 séminaristes ! ) sous les prétextes les plus infondés; imposition de lieux de prières musulmans dans les écoles catholiques flamandes ; liquidation d'un grand nombre d'églises sous les prétextes les plus infondés; création d'" Unités Pastorales" dont le premier effet sera de raréfier encore davantage la présence des fidèles à l'Eucharistie dominicale....Décidément, il y a de quoi pleurer sur l' Eglise de Belgique à l'agonie ! La franc-maçonnerie, l'Islam, les modernistes... peuvent se réjouir car les chrétiens de Belgique sont comme les dinausores : une race en voie de disparition! Heureusement qu'il restera notre passé ... historique, sans doute des églises ( devenues mosquées ou bâtiments à but utilitaire, culturel ou commercial ? ), des écoles catholiques de nom ( devenues multi-culturelles où la religion catholique cèdera la place à l'instruction coranique ? ), quelques prêtres ( partisans de la théologie de la libération, déjà invisibles sous leurs oripeaux laïques....)

    Quand la spiritualité se meurt, le discernement en prend un sacré coup !

    Heureusement que naissent et se multiplient des communautés nouvelles et/ou traditionnelles Elles apparaissent comme les semences pour une Eglise ressuscitée, renouvelée. Par leur vie spirituelle, eucharistique et mariale, elles injecteront du sang neuf et un esprit nouveau, loin des "soixantehuitards" attardés !
    Bon courage et bon succès dans votre lutte pour tenter de réveiller ce qui reste du " peuple de Dieu"...Il n'est jamais trop tard pour espérer....

    " CHRISTUS VINCIT ! CHRISTUS REGNAT ! CHRISTUS IMPERAT !"

  • #5

    catherinegoyard@gmail.com (vendredi, 24 juin 2016 16:18)

    Bravo pour votre initiative ! Ce titre de bulletin me convient particulièrement, française ultramontaine et non gallicane. Quant à l'article, il est très bienvenu en cette fête de Saint Jean-Baptiste : que les chrétiens rendent témoignage au risque de leur vie, voilà ce qu'attend de nous le Ciel tout entier et ce que font les chrétiens d'Orient. Mgr Schneider ne cesse de le répéter.
    Et n'oublions pas la phrase de Notre Dame à Fatima : "A la fin, mon Coeur immaculé triomphera !" Morts, nous verrons ce triomphe du Ciel, vivants nous le vivrons sur terre. Quel bonheur !